A lire!

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# Posté le mercredi 09 avril 2008 17:00

A lire!

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"Je m'appelle Renée, j'ai 54 ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants."
"Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai."
# Posté le dimanche 06 avril 2008 06:20

A lire!

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Courageux bien que fort hostile à la politique menée par les Etats-Unis d'Amérique, je vous conseille ce pamphlet de François Léotard s'en prenant à l'actuel locataire du palais de l'Elysée.
En voici quelques extraits:



P.: 10, à propos de Sarkozy:

"Je connaissais l'homme. Il m'avait apprécié, c'était mauvais signe."


P.: 31 et 32, à propos de la scandaleuse venue de Kadhafi en France il y a quelques mois:

"Je n'ai pas pu m'empêcher, en voyant l'ordre républicain se plier ainsi aux caprices de tout ce qu'il devait combattre, je n'ai pas pu m'empêcher de me souvenir d'une autre répétition, bien plus ancienne, bien plus symbolique encore, et surtout plus dramatique... On est en 1938. Vient nous rendre visite le ministre des Affaires étrangères du IIIe Reich. Comme il s'appelle von Ribbentrop nos dirigeants un peu radicaux, un peu laïcs, naïfs et respectueux de la noblesse, pensent avoir affaire à un honnête homme. On le reçoit. Il demande qu'on lui présente le gouvernement français. On s'empresse de satisfaire cet impérieux désir. Il y a simplement un petit obstacle. Deux ministres sont juifs. Rien de plus simple: on leur demande de ne pas venir. Une heure plus tard le petit voyou autrichien qui régnait sur le Reich millénaire savait qu'on ne l'embêterait pas sur le traitement de la "question juive". Et voilà pourquoi votre fille est muette, aurait dit Molière.
J'ai oublié de vous le dire: le titre du film projeté chaque soir au Quai d'Orsay, c'est Danse avec les loups."
# Posté le jeudi 03 avril 2008 11:35

La liberté de la presse dans la Russie de Poutine

La liberté de la presse dans la Russie de Poutine
Dans le cadre d'un stage auprès de Reporter ohne Grenzen (Reporter sans frontières) à Vienne en Autriche, j'ai entrepris la rédaction d'un petit mémoire sur l'état de la liberté de la presse dans la Russie d'aujourd'hui. Retrouvez la version allemande sur le site de l'ONG. Pour accéder à la version française, écrivez-moi tout simplement. Pour ce faire cliquer sur "hayek"(le lien en haut à gauche, sous la photo du Prix Nobel d'économie de 1974).
Voici l'introduction de mon travail:



The biggest geopolitical catastrophe of last century. C'est ainsi que Vladimir Poutine considère l'effondrement de l'ex-URSS. Contrairement à Francis Fukuyama, le "nouveau" Premier ministre russe ne parait pas penser que cette prétendue catastrophe incarna "la fin de l'histoire" par le biais de la victoire finale du modèle de démocratie libérale sur ses concurrents. Celui-ci se serait, en effet, imposé d'abord contre le fascisme ainsi que le nazisme, puis contre le communisme. Le politologue américain explique le triomphe de la démocratie libérale en raison de la concrétisation, qu'elle permet, des trois aspirations les plus fondamentales de l'Homme. Cet "état social", pour reprendre le vocabulaire tocquevillien, satisferait mieux que les autres formes d'organisation sociale, à la fois, les besoins matériels primaires des hommes, leur aspiration à vivre libres ainsi que leur recherche de reconnaissance sociale (thymos de Platon).

Plutôt que, d'une part, permettre l'émergence puis, de l'autre, le renforcement des bases d'une "société ouverte" au sens de Karl Popper, Poutine semble avoir œuvré au maintien de la monarchie élective russe. Chercheuse au Centre Carnegie de Moscou, Lilia Shetsova défend l'opinion selon laquelle la Russie se serait dotée d´une imitation democracy, d'une imitation de démocratie. Cette démocratie défectueuse se trouverait dans un processus de transformation à destination de nowhere, c´est-à-dire nulle part. Il serait question en Russie non pas de l'effondrement de la démocratie mais du détournement de la vocation originelle d'institutions démocratiques en vue de protéger les traditionnels arrangements politiques. L'objectif de ce nouveau régime étant paradoxalement de maintenir l'ancien système. Le passage du pays du socialisme à la démocratie libérale parait donc, d'un point de vue historique, pas aussi nécessaire que les réflexions de Francis Fukuyama semblaient l'annoncer. C'est pourquoi il est possible de supposer que le rétablissement poutinien de la "verticale du pouvoir", que la fondation de cet ersatz de démocratie, ne reste pas sans conséquence sur le paysage médiatique russe.

La réalité du paysage médiatique russe apparaît, de prime abord, très diverse (I), bien que la tendance générale au rétablissement de la "verticale du pouvoir" mène à un contrôle de plus en plus strict de la presse (II). Dans cette perspective, peut-être l'Internet peut-il être considéré comme une oasis de liberté offrant à la population la possibilité de contourner la propagande tant officielle qu'officieuse du pouvoir établi (III).
# Posté le jeudi 03 avril 2008 07:35

Quelques lignes de Politiquement nègre...

P.: 133

Mais, que l'on se rassure, à l'exception des choristes et de certains ministres qui ont connu les affres d'un cursus honorem parfois chaotique, tout ce beau monde, de droite comme de gauche, provient souvent d'un moule unique et joue la partition à l'unisson. Le laminoir sémantique et intellectuel de l'ENA ou des grands corps est passé par là, formatant les esprits et nivelant la pensée, inventant le clonage humain avant l'heure. Des raéliens qui s'ignorent. Quoi de plus cocasse alors que d'écouter un ministre, ancien fonctionnaire, grand serviteur de l'Etat, s'exprimer avec emphase, autorité et émotion sur le drame du chômage à partir d'une trame de discours concotée par son directeur adjoint de cabinet, lui-même énarque? Aucun des deux n'a jamais expérimenté ni n'expérimentera jamais le monde du travail. Encore moins le traumatisme de la perte d'un emploi. Ce qui ne les empêche pas d'imposer au pays un avis décisif. Ils s'en défendront bien sûr, arguant de leur profonde empathie avec le corps social de la Nation. Si, si, ils se souviennent encore très bien de ce stage d'un mois dans une PME bourguignonne lors de leur scolarité à l'ENA. Une expérience certes fugace, mais qui leur a permis de prendre toute la mesure de la vie quotidienne du peuple de France qui travaille dur et se lève tôt. La fameuse exception française, quoi!
# Posté le jeudi 03 avril 2008 07:23