Dans le cadre d'un stage auprès de
Reporter ohne Grenzen (Reporter sans frontières) à Vienne en Autriche, j'ai entrepris la rédaction d'un petit mémoire sur l'état de la liberté de la presse dans la Russie d'aujourd'hui. Retrouvez la version allemande sur le site de l'
ONG. Pour accéder à la version française, écrivez-moi tout simplement. Pour ce faire cliquer sur "hayek"(le lien en haut à gauche, sous la photo du Prix Nobel d'économie de 1974).
Voici l'introduction de mon travail:
The biggest geopolitical catastrophe of last century. C'est ainsi que Vladimir Poutine considère l'effondrement de l'ex-URSS. Contrairement à Francis Fukuyama, le "nouveau" Premier ministre russe ne parait pas penser que cette prétendue catastrophe incarna "la fin de l'histoire" par le biais de la victoire finale du modèle de démocratie libérale sur ses concurrents. Celui-ci se serait, en effet, imposé d'abord contre le fascisme ainsi que le nazisme, puis contre le communisme. Le politologue américain explique le triomphe de la démocratie libérale en raison de la concrétisation, qu'elle permet, des trois aspirations les plus fondamentales de l'Homme. Cet "état social", pour reprendre le vocabulaire tocquevillien, satisferait mieux que les autres formes d'organisation sociale, à la fois, les besoins matériels primaires des hommes, leur aspiration à vivre libres ainsi que leur recherche de reconnaissance sociale (
thymos de Platon).
Plutôt que, d'une part, permettre l'émergence puis, de l'autre, le renforcement des bases d'une "société ouverte" au sens de Karl Popper, Poutine semble avoir œuvré au maintien de la monarchie élective russe. Chercheuse au Centre Carnegie de Moscou, Lilia Shetsova défend l'opinion selon laquelle la Russie se serait dotée d´une
imitation democracy, d'une imitation de démocratie. Cette démocratie défectueuse se trouverait dans un processus de transformation à destination de
nowhere, c´est-à-dire nulle part. Il serait question en Russie non pas de l'effondrement de la démocratie mais du détournement de la vocation originelle d'institutions démocratiques en vue de protéger les traditionnels arrangements politiques. L'objectif de ce nouveau régime étant paradoxalement de maintenir l'ancien système. Le passage du pays du socialisme à la démocratie libérale parait donc, d'un point de vue historique, pas aussi nécessaire que les réflexions de Francis Fukuyama semblaient l'annoncer. C'est pourquoi il est possible de supposer que le rétablissement poutinien de la "verticale du pouvoir", que la fondation de cet ersatz de démocratie, ne reste pas sans conséquence sur le paysage médiatique russe.
La réalité du paysage médiatique russe apparaît, de prime abord, très diverse (I), bien que la tendance générale au rétablissement de la "verticale du pouvoir" mène à un contrôle de plus en plus strict de la presse (II). Dans cette perspective, peut-être l'Internet peut-il être considéré comme une oasis de liberté offrant à la population la possibilité de contourner la propagande tant officielle qu'officieuse du pouvoir établi (III).